
Los Angeles, 2017
lundi 26 : Coup de téléphone au crépuscule. L’apparition d’un ver luisant dans les bruyères interrompt la conversation.
dimanche 25 : Un homme fait semblant de se regarder dans la glace pour ne pas avoir à uriner à côté de moi.
samedi 24 : La masse bariolée des baigneurs lève les yeux : deux hélicoptères de l’armée traversent le ciel.
vendredi 23 : Post-scriptum — de la vie parallèle qui prend forme lorsque l’être aimé s’endort.
jeudi 22 : Envie de lustrer ce parquet à la cire d’abeille.
mercredi 21 : Des danseurs jamaïcains, taillés comme des dieux grecs, virevoltent devant moi. Je pose toute ma monnaie dans le tambourin qu’ils me tendent. Arrive à la table un de ces clones d’école de commerce – vingt-trois ans. Il me dit qu’il a pour projet de faire de « l’argent suisse ».
mardi 20 : « On ne le loue généralement qu’à des hommes celui-là. »
Nœuds dans le cerveau pour choisir un nouveau sac à dos. J’y pense la nuit et écris fatigué. Je suis au regret d’annoncer qu’il n’existe pas sur le marché de sac à dos rouge, à la marque discrète ou inconnue, d’une capacité proche des 30 litres, imperméable, avec un compartiment à ouverture latérale et muni d’un porte-gourde. J’ai écumé internet – plusieurs centaines (milliers ?) de références – certaines répondent à beaucoup de ces critères sans jamais parvenir à tous les réunir. Ils ne se rendent pas compte : quand on est seul, il faut avoir un bon sac à dos. Sans ça, qui d’autre pour nous aider à porter ce que pèsera la journée ?
1 juillet 2026 écrit en juillet 2021 — contribution à la proposition « une semaine chez Kafka » du cycle d'ateliers d'écriture Progression.